Haïkus - Natsumé Sôseki
Par Christelle, dimanche 26 octobre 2008, 19:21 | Livres
"L'homme exprime ses émotions et ses pensées à l'aide des mots. On a coutume au Japon de dire que "les yeux parlent autant que la bouche", mais personne ne viendra nier qu'il sera vain de prétendre transmettre à autrui le fond de sa pensée sans avoir recours au langage". Sôseki Haïkus, Le dicible et l'indicible, Préface de Elisabeth Suetsugu.
"Journée d'automne
D'où vient cette froideur le cœur se serre
A l'heure de la séparation"
Juste un petit mot pour tenter de dire ce que je n'ai pas su dire ce fameux jour. Alors voilà, J. s'en va. Il n'est déjà presque plus là. Je voulais laisser ici des traces de toutes ces choses liées à J. qui étaient importantes pour moi. J'ai alors essayé de faire une liste (déjà rien que le mot "liste" présageait ce qui allait arriver ...), puis finalement cela m'a semblé dérisoire, et je n'ai pas pu. Peut être parce que, du simple fait de les exprimer, certaines choses devenaient futiles (ou encore pire : elles l'étaient !). Et il y a ces choses qu'on arrive peut être jamais vraiment à cerner, à verbaliser ...
"L'ami s'en est allé
En rêve
La voie lactée"
Merci à toi pour tout, merci d'avoir été là.

Mot de l'éditeur :
Si Sôseki, le romancier est de longue date traduit et commenté chez nous, une part plus secrète et à la fois plus familière de son oeuvre nous est encore inconnue. Sôseki a écrit plus de 2500 haikus, de sa jeunesse aux dernières années de sa vie : moments de grâce, libérés de l'étouffante pression de la réalité, où l'esprit fait halte au seuil d'un poème, dans une intense plénitude. "Pour être franc, j'irais jusqu'à dire encore une fois que leur qualité ne revêt pas la moindre importance à mes yeux. Simplement, je serais heureux si les sentiments qui m'habitaient alors et me faisaient vivre résonnaient, avec le moindre décalage possible, dans le coeur du lecteur". Ce livre propose un choix de 135 haikus, illustrés de peintures et calligraphies de l'auteur, précédés d'une préface par l'éditeur de ses oeuvres complètes au Japon.
Haïkus de Natsumé Sôseki, aux éditions Picquier, 2001, 100 pages.
Commentaires
Bon alors déjà, j'ai du retard sur tous les blogs que je fréquente. Maintenant que les choses se tassent, je vais pouvoir me remettre aux affaires sérieuses.
Secondo, je ne sais pas jusqu'à quel point j'ai pu dire que je suis émerveillé par la production de Sôseki. Donc voilà, je le redis. Cet auteur a marqué son époque, une des plus complexes pour son pays, comme Mishima a marqué le Japon d'après guerre, et ce n'est pas pour rien qu'il est considéré comme le Victor Hugo japonais. Si vous souhaitiez un jour découvrir le Japon du début du 20e siècle avec un livre accessible directement, je vous recommande vivement "Botchan", un de ses très grands classiques qui est aussi le plus léger. Personnellement j'ai ri aux éclats. Du Pagnol à l'autre bout du globe.
Il y a aussi un manga dessiné par Taniguchi (le scénariste m'échappe) parlant de Sôseki, au moins dans son premier tome. Le titre est "Au temps de Botchan". C'est assez aride à lire, à prendre en bibliothèque mais je vous déconseille d'investir (c'est assez inégal comme manga, parfois incompréhensible sans une connaissance universitaire en littérature asiatique et souvent répétitif).
Tertio, je n'ai pas mes bouquins de Haiku sous la main, ce qui est d'autant plus déplorable car je sais exactement quel Haiku était adapté à la situation. Donc tant pis. Lisez les Haiku de Shiki, contemporain et ami de Sôseki, c'est du très très bon.
Le reste se passe de mots, je ne suis qu'un scientifique... Ah si, une citation du gouverneur de Californie : I'll be back!
Ah un dernier truc, je ne sais pas si les liens html sont automatiquement désactivés mais dans le cas contraire, il y a ça : http://comics.com/get_fuzzy/2000-01...
Explorez le reste de la BD, pour les cat-geek c'est vraiment tordant...