Zelda, une femme racontée par cet homme, Gilles Leroy, avec féminité, fragilité et grandeur. Zelda aux boucles blondes et à la très fine silhouette, rencontre Francis Scott Fitzgerald qui la "sauve" de son Alabama. Elle laisse ainsi derrière elle sa mère et sa petite vie dénuée d'ambition, son père, le Juge, et sa froideur, les amants éconduits pas assez biens pour elle... "Ce qui nous a rapprochés ? L'ambition, la danse, l'alcool -- oui bien sûr. Ce désir bleu de briller. Aucun éther n'était assez haut ni puissant. Scott et Moi, on est des gosses de vieux. Les gosses de vieux sont tarés, c'est connu, avéré." Jeunes et beaux, sur la pente ascendante, ils brillent ensemble de mille feux.

Zelda fascine, provoque... puis s'ennuie aux bras de son mari. Ailleurs alors, elle cherche une raison d'être, trouve brièvement l'amour avec l'aviateur, écrit, s'adonne avec passion et acharnement à la danse et la peinture. "Je me serai mieux qu'accommodée d'une bicoque en bois de mer sur la plage de Fréjus ou de Juan, où il aurait écrit, où j'aurais dansé, où j'aurais peint, où il aurait écrit jour et nuit, où j'aurais peint le jour, dansé la nuit. On aurait eu une vie formidable."

Pour la dompter, son mari Scott , écrivain reconnu (puis déchu), la fait enfermer. Les cliniques, les asiles, son mari la dépossèdent de son corps, de sa propre vie. Et pourtant elle ne peut vivre sans lui...

"Je volerai comme un oiseau, je volerai pour toi si seulement tu m'aimes. - Alors, vole. - Je ne peux pas voler, mais aime-moi quand même. - Pauvre enfant sans ailes. - C'est si difficile de m'aimer ?". Zelda Fitzgerald, Accordez-moi cette valse.

Gilles Leroy nous livre ici avec finesse sa vision (puisque c'est une fiction) de la vie tourmentée de cette femme qui tente de vivre à travers cet homme, sa déchéance et sa raison de vivre. C'est beau et émouvant. Merci, Gilles Leroy, ce fut un plaisir de rencontrer votre Zelda.

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Présentation de l'éditeur :

Alabama, 1918. Quand Zelda, " Belle du Sud ", rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. Le couple devient la coqueluche du Tout - New York. Mais Scott et Zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes... Gilles Leroy s'est glissé dans la peau de Zelda, au plus près de ses joies et de ses peines. Pour peindre avec une sensibilité rare le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister.. . Mêlant éléments biographiques et imaginaires, Gilles Leroy signe ici son grand " roman américain ".

Alabama Song de Gilles Leroy, aux éditions Gallimard, 2009, 218 pages.